L'indivision successorale
- Donatien LEBOEUF

- 10 févr.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 19 févr.

L’indivision successorale en pratique !
1. Définition
L’indivision successorale est la situation juridique dans laquelle plusieurs héritiers se retrouvent copropriétaires des biens d’un défunt, sans que ceux-ci ne soient encore partagés. Chaque héritier détient une quote-part (fraction) des biens, mais aucun n’en est propriétaire exclusif.
Exemple : À la mort de M. Dupont, ses trois enfants héritent de sa maison. Jusqu’au partage, ils en sont indivisaires à hauteur d’1/3 chacun.
2. Origine de l’indivision
Décès d’une personne : L’indivision naît automatiquement si la succession comprend plusieurs héritiers (sauf si le défunt a organisé un partage anticipé via un testament ou une donation-partage).
Absence de partage immédiat : Les héritiers peuvent choisir de maintenir l’indivision (ex. : pour gérer ensemble un bien familial).
3. Fonctionnement de l’indivision
A. Droits et pouvoirs des indivisaires
Droit d’usage : Chaque indivisaire peut utiliser les biens indivis, sous réserve de ne pas nuire aux autres (ex. : habiter une maison en indivision).
Droit de gestion :
Actes d’administration (ex. : entretien, location) : Décision à la majorité des 2/3 des droits indivis.
Actes de disposition (ex. : vente, hypothèque) : Unanimité requise (sauf exceptions).
Droit de jouer un rôle actif : Tout indivisaire peut demander un partage à tout moment (sauf convention contraire).
B. Obligations
Contribution aux charges : Chaque indivisaire participe aux frais (taxe foncière, réparations) proportionnellement à sa quote-part.
Respect des décisions collectives : Les actes importants nécessitent l’accord des autres indivisaires.
4. Sortir de l’indivision
A. Le partage amiable
Accord entre héritiers : Les indivisaires conviennent ensemble de la répartition des biens (ex. : attribution préférentielle, vente et partage du prix).
Acte notarié : Recommandé pour les biens immobiliers (obligatoire si mineur ou personne protégée).
B. Le partage judiciaire
En cas de désaccord : Un héritier peut saisir le Tribunal judiciaire pour imposer un partage.
Procédure : Le juge peut ordonner une licitation (vente aux enchères) si les héritiers ne s’entendent pas.
C. Autres solutions
Rachat de parts : Un indivisaire rachète les parts des autres.
Donation-partage : Anticiper le partage du vivant du défunt pour éviter l’indivision.
5. Risques et inconvénients
Blocages : Un désaccord peut paralyser la gestion des biens (ex. : impossibilité de vendre).
Conflits familiaux : L’indivision prolonge les tensions entre héritiers.
Fiscalité : Imposition des revenus générés par les biens indivis (ex. : loyers) pour chaque indivisaire.
6. Fiscalité de l’indivision
Droits de succession : Chaque héritier paie des droits sur sa quote-part au moment du décès.
Impôt sur le revenu : Les revenus des biens indivis sont déclarés par chaque indivisaire au prorata de sa part.
Plus-values : En cas de vente, la plus-value est calculée globalement, puis répartie entre les indivisaires.
7. Conseils pratiques
Anticiper : Privilégier une donation-partage ou un testament pour éviter l’indivision.
Communiquer : Établir un dialogue entre héritiers pour faciliter les décisions.
Se faire accompagner : Consulter un notaire et un expert immobilier pour sécuriser les actes (partage, vente, etc.).
8. Textes de référence
Code civil : Articles 815 à 842 (règles de l’indivision).
Code général des impôts : Articles 750 ter à 790 G (fiscalité successorale).
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